La crise de l’hôpital en France ? Quelles sont les revendications ?

Depuis plus de trois mois maintenant, la crise perdure aux urgences dans les hôpitaux. Ainsi, les différents syndicats des infirmiers et aide-soignant ont des revendications. Quelles sont-elles ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn est-elle à l’écoute ? Le point sur le début de cette crise et l’ensemble des revendications.

Le début de la grève !

Pourquoi et quelle est l’origine de cette grève ? Il est bon de rappeler que cela fait plus de 3 mois que les urgentistes sont à bout de souffles dans leur service. En effet, la solitude et l’impuissance des soignants face à l’augmentation des malades en sont les principales causes. En réponse à cette asphyxie que les infirmiers et aides-soignants ont procédé à cette grève afin de mettre en avant 3 grandes revendications : La hausse des conditions de travail, la hausse de la rémunération et l’arrêt de la fermeture des lits.

La hausse des conditions de travail

Ce sont les syndicats CGT, FO, Sud et CFE-CGC qui sont à la base de ces revendications. Ces dernières se focalisant, sur la difficulté entourant le métier d’aide-soignant et d’infirmier. D’après les dires et les différents communiqués des syndicats, la fatigue est véritablement au rendez-vous chez le personnel soignant. Cela tant au niveau physique qu’au niveau psychologique.

D’ailleurs, dans le journal du Parisien, les syndicats affirment des soucis liés aux manques de sommeil, stress et des maux de dos. Le collectif affirme que l’effervescence actuelle impose plus de 12 heures de travail. Un volume de travail qui amène à l’épuisement et ainsi à un gros manque de concentration qui est pourtant indispensable au travail. Un travail qui, rappelons-le, se focalise sur la prise en charge « d’êtres humains ».

Ainsi, la première revendication des soignants est d’avoir une reconnaissance de ces conditions de travail difficile. Afin de palier à cette revendication, ils réclament un départ anticipé à la retraite !

En parallèle, toujours dans cette optique d’une hausse des conditions de travail, il y a l’augmentation des effectifs. Ce qui est tout à fait normal lorsqu’on voit le volume et la surcharge de travail qui est vite devenue la norme. Les faits sont là et la réalité est dure : le volume de travail a doublé sans que les moyens n’aient doublés ! Certes, ce problème est reconnu par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Raison pour laquelle les soignants réclament la création de 10 000 postes dans les 550 hôpitaux en France !

La hausse de la rémunération

Outre l’augmentation du volume du travail, il est important d’augmenter les moyens. Ici, il ne s’agit pas seulement d’augmenter les effectifs, mais bien d’augmenter la rémunération du personnel déjà en place. Les soignants affirment que la politique d’austérité basée sur des économies à court terme a eu raison du système sanitaire français. Une situation qu’il conviendra obligatoirement de changer et cela dans les plus brefs délais.

Une revendication qui s’explique par l’équilibre entre le travail et la récompense. Cette revendication se focalise essentiellement sur la limitation de la demande d’économie adressée aux établissements de santé. Au total, 8,6 milliards d’euros d’économie ont été demandés depuis 2005 ! Un chiffre tout simplement ahurissant !

Le fait est que, les moyens restent constants alors que la demande et surtout l’activité augmente de 5 % chaque année. Il est tout simplement impossible d’avancer avec des moyens constants pour répondre à un besoin évolutif. Bien entendu, cette revendication a été chiffrée. Les chiffres ont parlé, les soignants réclament une hausse de 300 euros net tous les mois concernant la rémunération.

L’arrêt de la fermeture des lits

L’autre revendication des urgentistes se focalisent sur la fermeture des lits. Cette dernière demande est fortement motivée par l’inquiétude face à la fermeture des lits d’aval. Ces derniers ayant pour rôle le transfert des malades vers les autres centres hospitaliers. D’après les dires des grévistes, c’est comme l’absence d’une soupape de sécurité puisque le flux ne s’arrête jamais.

En conséquence et surtout pour régler ce problème d’inquiétude, l’intersyndicale demande de stopper la fermeture de service ainsi que la fermeture des lits et des établissements de santé ! Un point important qui touche véritablement le quotidien de chaque infirmier et aide-soignant. Il s’agit d’une suite logique face à la demande de moyens car la revendication se focalise sur le fait de ne pas enlever les moyens déjà à disposition.

Chacune de ces revendications est motivée par un profond sentiment d’envie d’améliorer le service. Dans tous les cas, l’attente est encore de rigueur face à la réponse de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Une réponse qui ne devrait tout de même plus tarder afin d’améliorer la situation !